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Gary, je ne suis pas d’accord avec toi.

Je n’aime pas cette approche qui consiste à optimiser chaque minute de ses journées pour travailler toujours plus.

À l’inverse, je préfère optimiser mon temps pour travailler intelligemment, sans nécessairement travailler plus.

Et pourtant, j’ai l’impression d’entendre ces conseils partout. Blog, vidéo, groupes Facebook, podcast.

Je me suis alors posé cette question :

“Si je ne suis pas ces conseils, vais-je quand même réussir à atteindre mes objectifs ?”

On finit presque par culpabiliser…

“Si je ne suis pas en train de travailler, je suis en train de perdre mon temps là !”

Il est évident que l’on ne peut pas atteindre ses objectifs sans travailler. Et ce serait d’autant plus idéaliste de penser le contraire.

Mais prenons aussi le temps de souffler, pour mieux repartir.

Pourquoi travailler non-stop devrait être l’unique recette magique pour réussir ?

Je vois trois causes à ça :

  • Nous ne sommes pas bons à gérer notre temps, alors nous travaillons très dur, tout le temps.
  • Nous aimons montrer que nous sommes occupés, même si nous ne sommes pas productifs.
  • Vivre pour travailler est vu comme quelque chose de vertueux sur le long terme.

La fausse promesse derrière “Hustle 24/7/365”

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Charles Darwin a publié 19 livres tout au long de sa vie, dont “L’origine des Espèces” mondialement connu. Et pourtant, il travaillait seulement 5 heures par jour.

L’exemple n’est pas pris au hasard. Darwin n’était pas un “hustler” de son temps. Ce n’était pas non plus un rentier et sa “semaine de 4 heures”.

Je trouve qu’il n’y a aucun problème derrière le fait de ne pas travailler du matin au soir. Je connais peu de personnes encore efficaces après 8h de travail.

We’re a society who buy things we can’t afford, with hours from our lives that we’ll never get back, to impress people on Instagram.

Certains sont fiers de dire qu’ils ont plein de choses à faire, qu’ils enchaînent les rendez-vous et que leurs agendas sont pleins sur leurs deux prochaines semaines.

Félicitations ! Vous avez mérité le badge “Hustler du mois.”

Être créatif, se réinventer et apprendre à se remettre en question ne sont possibles que lorsqu’on décide d’y consacrer du temps.

Je suis en train de lire “It doesn’t have to be crazy at work” de Jason Fried et David Heinemeier, les fondateurs mondialement connus de Basecamp. Un des chapitres du livre s’appelle “8’s enough, 40’s plenty”. Les principes sont évidents, mais je trouve intéressant de les rappeler.

Notre journée de travail est l’équivalent d’un vol entre Chicago et Londres.

Mais dans ce vol, il n’y aucune interruption.

Lorsqu’on est au bureau, le temps paraît passer plus vite. Il est entrecoupé de dizaines d’interruptions si l’on ne met rien en place pour les éviter. Réunions, appels, machine à café et discussions tout au long de la journée.

Les employés de Basecamp travaillent 8 heures par jour, 40 heures par semaine. Ils ont limité au maximum les interruptions et les distractions pour se concentrer sur leurs tâches quotidiennes. Pas de rush, ni de stress. Cela ne les empêche pas de réussir depuis 2004.

Lorsqu’on tombe sur des articles autour du succès, du travail et de la réussite, le schéma est (presque) toujours le même. Mais il ne suffit pas seulement de travailler comme un dingue pour réussir. Il y a tellement d’autres facteurs à prendre en compte. Malcolm Gladwell en parle très bien dans son livre “Outliers”.

Le succès est intimement lié au travail, mais pas seulement ! Les circonstances, le timing, son entourage et le facteur chance sont autant de facteurs à prendre en compte.

Je pourrais aller dans une salle de sport tous les jours et m’entraîner non-stop, sans pour autant devenir un très bon athlète.

Productivité et efficacité ne sont pas toujours liées !

On a vite fait de faire cette confusion : je suis productif, donc efficace.

On entend souvent des entrepreneurs qui nous répètent travailler 80 heures par semaine. Et ce seront ces mêmes personnes, fières d’en parler le lundi matin.

Ce sont de véritables héros, prêts à se sacrifier pour les autres et en faire plus que tout le monde. Chapeau. De l’extérieur, on peut se sentir complexé.

  • “Pourquoi je ne travaille pas tous le week-end moi aussi, je serai peut-être plus efficace ?”
  • “Il travaille tellement plus que moi…”

Mais je pense que la réalité est bien différente. Produire et travailler plus que les autres ne sont pas toujours des promesses d’efficacité.

Je serai même prêt à penser le contraire.

Regardons comment pouvons-nous découper une heure de travail :

1 x 60 = 60 min

2 x 30 = 60 min

4 x 15 = 60 min

25 + 10 + 5 + 15 + 5 = 60 min

À la fin, le résultat est le même : 60 minutes passées.

Et pourtant, une heure découpée en micro-tâches n’est pas toujours une heure de travail. Il est beaucoup plus compliqué de se concentrer pendant 4 x 15 minutes, plutôt qu’1 x 60 minutes.

Être efficace, c’est aussi prendre le temps de s’accorder de vraies plages de travail pour avancer sur des tâches plus complexes.

“J’optimise ainsi mon temps pour être plus productif, dans un souci d’efficacité !”

Et ça change tout.

Je ne remplis plus les cases vides de mon calendrier avec des micro-plages de 15 minutes.

On confond beaucoup trop souvent le fait de travailler sans relâche, avec le simple fait de terminer ses tâches à la fin de sa semaine. Et pour y parvenir, je vois instinctivement 4 sujets à régler :

1. Choisir intelligemment ses tâches.

Ça ne sert à rien d’avoir des to-do longues comme le bras. Ne pas les terminer amène très vite une forme de frustration.

2. Arrêter une fois pour toute le multi-tâche.

Il existe des dizaines d’articles et de vidéos sur le sujet. Tout le monde prend conscience de l’inefficacité de s’organiser ainsi. Et pourtant, je m’aperçois que beaucoup de personnes continuent de gérer des dizaines de tâches à la fois.

J’avais écris un article à ce sujet : mieux s’organiser pour ne plus courir après le temps

3. Réduire les réunions au maximum.

C’est plus facile à dire qu’à faire lorsqu’on n’est pas le seul maître de ses décisions. Il faut parfois apprendre à dire non.

4. Repenser son environnement de travail.

Lorsque je discute avec des amis, notamment en startups, beaucoup me disent aller au bureau tôt, pour ne pas être dérangé et avancer tranquillement sur ses tâches. C’est aussi le cas pour moi, selon les périodes.

Quand on y pense, ça n’a pas de sens. Notre lieu de travail devrait être un lieu propice au travail.

Je m’organise aussi pour être en remote de temps en temps lorsque j’ai vraiment besoin de me concentrer pendant plusieurs heures.

Qu’est-ce qui nous pousse à travailler chaque jour ?

On passe plus de temps avec ses collègues qu’avec ses amis. Autant bien les choisir et se poser les bonnes questions sur son travail.

Je pourrais parler de passion. Mais sans aller jusque-là, le simple fait d’être content de se lever le matin devrait être une condition obligatoire.

Prendre du plaisir est essentiel pour être efficace. C’est un cercle vertueux dont il faut accorder de l’importance.

La biographie de Napoléon est une de mes lectures du moment. Cet homme a marqué l’Histoire en transformant la France de l’époque. Sur le papier, il avait tout pour être heureux et se satisfaire de ce qu’il avait accompli.

Et pourtant, il déclarera à Sainte-Hélène, peu avant de mourir, qu’il n’avait fait que travailler sans relâche et n’avait été heureux que 6 jours dans toute sa vie.

Cette phrase est sûrement anecdotique, mais le principe est là.

“Hustle” à tout prix ne devrait pas être un but en soi.

Le travail n’est qu’un moyen de s’accomplir et de parvenir à ses propres objectifs.

Remettons donc de l’intelligence dans le travail.