Vous avez pris rendez-vous avec votre banquier préféré. Chose rare, il a une bonne nouvelle pour vous.

“Aujourd’hui, je vous offre de l’argent ! Vous avez deux choix.

Je peux vous offrir 3 millions d’euros maintenant.

Ou vous recevrez 1 centime d’euros aujourd’hui, qui doublera sa valeur pendant les 31 prochains jours.

Que choisissez-vous ?”

Instinctivement, on serait tous tenté de prendre les 3 millions maintenant.

Mais sur un choix purement financier, le calcul ne sera pas le bon.

0,01 € se transformeront en 10 737 418 € au 31e jour. Mais il faudra pourtant attendre le 29e jour pour dépasser l’offre des 3 millions d’euros.

Cette représentation, bien que simplifiée, illustre alors bien le concept d’effet cumulé.

Ce sont ces petites choses qui, mises bout à bout tous les jours, vont se transformer en changements plus importants.

Atteindre ses objectifs se construit donc avec le temps. Et pourquoi ça ?

Napoléon n’est pas devenu empereur en 2 mois.

Et Warren Buffet n’est pas devenu la seconde plus grande fortune du monde en 5 ans. Il lui a fallu 50 années, rien que ça.

Le concept “d’effet cumulé” ne vient pas de moi, mais de Darren Hardy et de son livre “The Compound Effect”. Et si je devais résumer son livre, cela tient en deux phrases.

Le succès est rarement le fruit d’une seule idée révolutionnaire ou d’un gros changement inattendu.

C’est une accumulation de choses parfois banales, peu excitantes et peu attrayantes dont l’impact peut être considérable sur le long terme.

Petites actions x routine x temps = changements radicaux.

Thomas Edison a subi plus de 10 000 échecs avant de réussir à créer la lampe à incandescence. À chaque échec, il faisait de toutes petites modifications jusqu’à réussir.

Lire pour prendre de l’avance.

C’est un sujet qui me passionne.

Partons du constat que vous réussissez déjà à lire 30 minutes par jour.

Votre vitesse de lecture est moyenne et vous mettez 5 heures pour lire 300 pages.

Un calcul rapide et j’en déduis qu’il vous faudra 10 jours pour terminer votre livre.

Ce qui fait 3 livres par mois. 36 livres par an.

Connaissez-vous la moyenne des Français ? 15 livres par an.

30 minutes par jour. 36 livres.

Le temps investi n’est pas si élevé que ça et pourtant, les répercussions à l’année sont considérables.

Imaginez le nombre d’histoires, de concepts et d’auteurs dévorés en un an !

Ce principe marche également dans l’autre sens. “Une mauvaise décision faite constamment entraînera à plus de mauvaises décisions.”

On s’est déjà tous couché trop tard après avoir regardé le dernier épisode de Game of Thrones.

On file ensuite se coucher, mais on a du mal à s’endormir. Quelques heures plus tard, le réveil sonne et nous voilà de mauvaise humeur.

Comme on pouvait le prédire, on ne passe pas la meilleure journée de notre vie. On est fatigué et pas prêt à recevoir la moindre critique.

L’exemple est ce qu’il est, mais il est facile de tomber dans cette spirale indéfiniment.

Être 5% meilleur chaque année.

Nous sur-estimons souvent ce que l’on peut accomplir en une année. Regardons les objectifs annuels des entreprises.

En revanche, on sous-estime ce que l’on peut accomplir en 5 ans. C’est tellement compliqué de savoir où nous en serons. C’est une vraie question de développement personnel.

Shane Parrish est l’auteur du blog Farnam Street. C’est une pépite de contenus.

Pour lui, le développement personnel est l’équivalent d’une machine que l’on pourrait retrouver dans une usine.

Un ouvrier va donc utiliser cette machine pour transformer un bout de métal en outil. Le schéma est grossier, mais on comprend la logique.

La machine utilise quelque chose ayant du potentiel (un morceau brut de métal), pour la travailler afin qu’il puisse être utilisable.

Dans notre cas, nous sommes le morceau de métal, tout en étant aux commandes de la machine ! Double effort.

Faire fonctionner cette machine correctement, tous les jours, façonnera à terme de petits outils bien utiles.

Les articles que je publie chaque semaine est un exemple personnel.

Je n’investirais pas plusieurs heures de mon temps chaque semaine à côté de mon job, si je n’étais pas convaincu du potentiel et des avantages sur le long-terme de devenir un peu meilleur chaque jour dans ce que je fais.

Mais ces 5% ne sont pas vraiment quantifiables. En revanche ils permettent une chose essentielle : se rappeler que l’on ne va pas se réveiller plus intelligent ou en meilleure santé demain, sans un minimum d’effort.

The important thing is to do something every day. It doesn’t matter what it is. I would argue the important thing is to read every day.

Warren Buffet.

C’est avant tout une question de motivation et d’envie.

On ne change pas du jour au lendemain. Le jeu serait bien trop facile. Ce que j’appelle “l’effort cumulé” peut alors sembler contre-intuitif : travailler aujourd’hui pour un résultat demain.

Il y a une forme d’abnégation et de motivation dans le fait d’accomplir des tâches aujourd’hui pour préparer demain. Et tout le monde n’est pas capable de penser de cette manière.

Pourquoi ?

Parce que l’on sous-estime souvent l’investissement que l’on va devoir faire tous les jours pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Kilian Jornet est un coureur hors-norme, spécialiste d’ultra-trail. Son livre “Courir ou Mourir” commence par la phrase suivante :

La capacité à lutter fait la différence : elle façonne une victoire ou un vainqueur.

Jouer sur le long-terme peut parfois devenir décourageant.

Alors on fait quoi ?

On continue de privilégier l’immédiateté ?

Le court-terme est séducteur. Il offre des résultats visibles et immédiats. Et c’est pour cela que beaucoup d’entre nous, et ce fut le cas pour moi aussi, se décourage dès le premier obstacle.

  • Pourquoi passer une heure chaque soir à écrire, alors que je pourrais jouer à la Switch dans mon canapé ?
  • Pourquoi se lever tôt chaque matin pour lire 30 minutes, alors que je pourrais dormir un peu plus ?
  • Pourquoi aller au sport après mon boulot, alors que je pourrais rester tranquillement chez moi à regarder une série ?

Le retour sur investissement paraît ridicule à court-terme.

  • Écrire chaque soir ne fera pas de moi un écrivain reconnu le mois prochain.
  • Lire un livre ne me rendra plus intelligent en me réveillant demain matin.
  • Aller à la salle de sport ne me permettra pas d’être plus musclé la semaine prochaine.

Nous sommes paresseux.

On se créé des habitudes et les résultats ne sont pas immédiats. Alors on laisse tomber.

Mais c’est exactement l’accumulation de ces petites actions qui ont un impact !

  • Aujourd’hui j’écris et je pense plus vite à force de m’asseoir à mon bureau tous les soirs.
  • Lorsque je lis un livre, j’arrive à connecter les centaines de contenus et concepts que j’ai déjà pu lire.

Alors bien sûr, ce serait utopique de vous dire que les choses sont simples tous les jours. C’est impossible de ne pas avoir de baisse de motivation.

Dans ces moments-là, je me souviens alors du chemin que j’ai déjà parcouru et les changements qui se sont déjà produits.

Chaque action que je fais est une marche de plus vers mon objectif, aussi petite simple soit-elle.

Je n’ai pas voulu parler de méthodes toute faite. Je voulais simplement vous partager mon point de vue sur cette question d’effort cumulé.

Posons-nous maintenant cette question :

Quand allons-nous tous commencer à jouer long-terme ?